Des émotions humaines les plus complexes, la colère est parfois source de gros dégâts. On a tous vécu un jour, une situation dans laquelle un propos injuste ou une réaction blessante n’avait pas lieu d’être. Face à cet événement, différentes réactions peuvent être observées : la fuite, la neutralité, la révolte. Dans cette troisième réaction se cache cette émotion à l’intensité parfois incontrôlable. Dans cet article, on va aborder différents moyens afin de dompter ce côté animal qui est en nous, la colère.

Photo de Marco Jimenez sur Unsplash

Mode d'emploi

«  La peur mène à la colère, 
la colère mène à la haine, 
la haine mène à la souffrance. » 

Georges Lucas

 Ici, ce trouve le fonctionnement général d’une émotion. La colère étant une émotion des plus humaine, on a tout intérêt à comprendre son fonctionnement pour ne pas tomber dans le débordement.

Une charge : une insulte, une humiliation, une blessure, de l’irrespect, une trahison, chacun sait ce qui le met en colère ; je ne vous apprends rien.

Une tension : c’est cette période où l’émotion est en nous. Une boule d’énergie négative qui fait cogiter, cogiter et cogiter encore. C’est le moment crucial. 

La décharge : c’est à ce moment là où la colère s’exprime. C’est enfin la délivrance de cette mauvaise énergie. Le soulagement.

Cet article fonctionne de cette manière : le fonctionnement de la colère sera présenté en 3 points, charge, tension et décharge, sous forme d’exemple suivit d’un commentaire.

La charge

La première étape à réaliser pour calmer une colère, c’est de déterminer la source, l’origine de ce ressenti. Parfois, la cause sera déterminée rapidement. D’autre fois, elle sera moins simple à localiser. Lorsque l’on est dans cette phase de recherche, il faut parfois prendre un peu de recul, s’isoler, car, la colère est un virus facilement transmissible et parfois mal ajusté. 

« Lorsque donc quelqu’un te met en colère,
sache que c’est ton jugement qui te met en colère. » 

Epictète 

Il faut comprendre que les situations qui peuvent nous mettre en colère, ne sont peut-être qu’une mauvaise interprétation d’une réalité. 

Exemple

Dans une file d’attente de la Poste. Tout le monde a décidé de poster son courrier aujourd’hui . Je n’aime pas attendre. Enfin, c’est le constat de ma psy. Déjà 30 minutes et la faim m’harecèle. Allez encore deux anciens et une femme enceinte devant moi.

Là, un gars débarque et gratte tout le monde. Mes yeux ne me font pas défaut. Il se prends pour qui encore celui-là? Et il n’est pas handicapé pour tant. Putain, j’ai pas le temps qu’on me pique ma place, en plus personne ne bouge, c’est quoi encore ce bordel ? Pas le temps de réfléchir, il ne passera pas. 

Sauf que ce gars décide autrement. Je fais mon pas de côté puis, en l’espace d’un instant, il me passe devant comme si je n’avais pas existé. Déjà qu’il gratte tout le monde, il m’ignore  ! Trop c’est trop.

Mon bras part et son tee-shirt arrive dans ma main. Il payera les frais avec la violence de mes mots.

Un bébé cri, des oiseaux s’envolent et les anciens retrouvent l’ouïe.

Bref, à ce moment-là de l’histoire, on ne sait pas pourquoi cet homme est pressé. Dans cette exemple, cette homme rejoignait sa femme enceinte qui était juste devant. La rue était remplie de voitures et il a du se garer dans une rue plus loin. 

Commentaire

Comme tu peux le constater, le jeune homme n’était pas mal intentionné. Cependant sa maladresse l’a conduit à allumer une flamme qui a fini par le brûler. La situation déjà pesante puis l’incompréhension suivis de la peur d’être privé de sa place, ont conduit le personnage principal à l’explosion de sa colère. Mais était-elle approprié ?

Alors oui, c’est un exemple qui vient de mon imagination, cependant en lisant ces mots, il t’a peut-être permis de te rappeler un passage de ta vie où tu as assisté à ce genre d’événement.

Photo de Issy Bailey sur Unsplash

La tension

Il y a encore quelque temps, le jeu vidéo et moi, passions des soirées en tête-à-tête. Une histoire à double tranchant, qui savait me faire rêver de grandeur comme elle savait aussi transformer mes soirées en cauchemar. Quand tout aller bien, la manette et moi, « fusionnons » pour mener l’adversité à sa perte, ce qui me faisait gagner en satisfaction. La dopamine (hormone du bonheur) se faisait alors ressentir. Ce qui me conduisait donc à adopter un comportement pour en recevoir toujours plus, tel un junki.

Alors après l’heure, où la majorité d’entre nous allait se couchait, je faisais une dernière partie, histoire de répondre à la demande de ma nouvelle addiction. Et bien sûr, c’est la crise. Un p…in de co…rd en face, se croit plus malin que moi, et malgré mes efforts, je ne peux pas le détruire avec la punition qu’il cherche à recevoir (comme si c’était normal que je le massacre).

Bref, tu l’as compris, c’est un magnifique cercle vicieux. Ma colère débarque, me braque et c’est la débâcle.

Chaque soirée de ce genre, j’allais me coucher saouler et en colère. Le gars avait toujours raison de moi. Je transformais de bonnes soirées de jeu en cauchemar à cause de cette dernière partie. La nuit n’était pas terrible.

Puis un jour, je me suis rendu compte que finalement, la fatigue et mon addiction me conduisaient à chaque fois dans le mur. J’ai donc commencé à utiliser ma colère de la bonne façon. Au lieu de péter un câble à moitié et sur la duré, je râlais un bon coup puis je passais à autre chose (j’ai surtout commencé à éviter la partie de trop).

Bon on va passer toute les fois où j’ai fait chauffer mon père au passage. Bref.

Commentaire

Il vaut mieux un bon coup de colère que de stocké de la colère sur la durée. Ici l’exemple parle de jeu, imaginons le cas avec une personne qui nous énerve mais à qui on n’ose pas l’exprimer. Plus la colère va s’entasser, plus elle risque d’exploser ou d’imploser (dans les deux cas, ce n’est pas beau à voir).

Sérieusement, évite ce qui pourrait te mettre en rogne ou commence à relativiser. Tu éviteras les chimiothérapies à l’avenir avec ce conseil.

Photo de Damir Spanic sur Unsplash

La décharge

Un soir à Mulhouse, avec quelques amis, on se rejoignit dans un bar, pour jouer aux cartes et boire quelques bières, histoire de décompresser.

Ce soir-là, si ma mémoire est bonne, le jeu me faisait la gueule. Je perdais avec classe, je gardais le sourire. Bref, on bavardait et on rigolait bien. Puis deux énergumènes sont venus se présenter à notre table. On leur a laissé la possibilité d’échanger tranquillement avec un ton cordial. Il avait quelques années de moins et je ne sais pas pourquoi, mais sur le coup, j’ai eu un mauvais pressentiment. 

Après une petite heure, ils changèrent de table. Nous continuions alors notre soirée. L’horloge nous rappela que le temps file, ce qui m’a donc valut de terminer seul avec deux amies. Puis, les deux gars décidèrent de revenir à notre table. Ils acceptèrent même de jouer avec nous aux cartes.

La première partie se lança et ce fut déjà la merde. La triche, les commentaires sexistes, les regards impolis, l’orgueil démesuré, etc. La colère monta. Avec l’alcool dans les veines et le sentiment d’injustice, je commençais à bouillir. Incapable de me contenir face à cette situation qui me révolta, je décidai d’intervenir. 

Au moment de partir, je lui dis que j’avais deux mots à lui dire. La rage au ventre, je me sentais obliger de réagir sinon j’allais le regretter. En gardant mon calme et en se regardant dans les yeux, je lui ai expliqué mon point de vue sur son comportement. Il garda son calme également puis son pote coupa la discussion par crainte de débordement. Mon amie me tira le bras, pour me faire comprendre qui fallait passer à autre chose. 

Commentaire

La violence n’est que le résultat d’une mauvaise colère. Exprimer sa colère est naturelle, et même très conseillé, mais attention à la présentation. Les mots et le comportement sont des outils de communication pour exprimer ce que nous ressentons. Comme l’art du combat, une communication sans agressivité s’apprend avec le temps et l’entraînement. Puis lorsque le message est transmis et comprit, le corps récompense notre agissement.

Ce soir-là, après avoir quitté le bar (sans avoir à me battre), dans la rue à quelques pas, mon corps a eu une réaction que je ne connaissais plus, celle du soulagement. J’étais en adéquation avec mes idées, mes valeurs et mes agissements. J’ai donc pu dormir tranquillement.

Photo de Uriel Soberanes sur Unsplash

En bref la colère

Comme toute émotion humaine, elle est importante dans notre société. Elle permet de faire face à des injustices ou de punir des comportements inappropriés. La limite de la colère doit se trouver avant que la violence n’opère. La haine est le cercle vicieux de la colère comme la jalousie est celle de l’envie.

Pour cela, il faut donc pouvoir être capable de prendre du recule face à nos réactions afin de pouvoir déterminer si elles sont justifiés ou non. Ensuite il faut chercher comment on peut réussir à les exprimer sans débordement.

C’est loin d’être si simple que ça en a l’air et personne n’est parfais. Mais n’est-il pas plus agréable de pouvoir se parler calmement que de devoir se faire entendre dans le bruit ?

 

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